Prix littéraires de la Fédération Wallonie-Bruxelles [2020]


La Direction des Lettres aide les écrivains de la Fédération Wallonie-Bruxelles et participe à la promotion de leurs œuvres en décernant des prix littéraires. Découvrez ici le palmarès de l’année 2020. Et vous, #LisezVousLeBelge? 🇧🇪
  • Prix quinquennal de littérature : Caroline LAMARCHE pour l’ensemble de son oeuvre (Minuit,Gallimard, Les Impressions Nouvelles…).
  • Prix de la Première œuvre en langue française : Maud JOIRET pour « Cobalt« , éditions Tétras Lyre, 2019.

Tout est mise en rythme des pulsations, de la marche, des flux, de l’emprise. Quête et fuite, la poésie est ecchymose. Traquer les indices de la survie, et en exhiber les traces, après. Cobalt est le récit d’une obsession calibrée CO27 . Ce qui reste est bleu, ce qui demeure est vivant. Tu es vivante.
L’écriture ici oscille entre rage, férocité et justesse. Cette poésie débridée et moderne interroge le monde qui nous entoure, en l’état, tel qu’il se donne à nous.

  • Prix de la Première œuvre en langue française : Claire MAY pour « Oostduinkerke« , Éditions de l’Aire, 2019
Assise. La dune dans mon dos et devant – brune et cavalière – la mer du Nord. Je crois que c’est comme ça qu’il me faut commencer mon récit. Avec ces phrases, cet incipit. On dit que les premiers mots ont de l’importance. Je ne sais pas quel est l’intérêt des miens. Ils plantent les racines d’un décor – le sable, l’eau et le sel. Ils ne disent pas grand-chose d’autre que mon corps allongé dans les dunes. Je regarde le ciel. Il est bleu. Bleu opaque et lisse. Bleu d’été. Bleu insolent. D’habitude, on ne décrit pas le caractère des couleurs. Le bleu est indigo ou marine, un point c’est tout. Mais peu importe. Un ciel d’été en Belgique, il faut lui donner de la substance. Il est trop rare pour être coincé dans des mots vides – ou pire : dans le silence.
Depuis l’Histoire du livre et de l’imprimerie en Belgique publiée dans l’entre-deux-guerres par le Musée du Livre, aucun ouvrage de synthèse n’avait remis en perspective les grandes tendances de l’édition belge. L’ouvrage de Pascal Durand et Tanguy Habrand vient combler cette lacune en entrecroisant histoire de l’édition, histoire des idées et histoire des institutions de la vie littéraire et intellectuelle. La production du livre belge de langue française correspond à un marché restreint, tributaire de logiques qui lui sont propres – avec un poids particulier des industries graphiques – tout en étant soumis à la force d’attraction exercée par l’édition française sur les genres les plus prestigieux. Quelques-uns, tels Lacroix, éditeur de Hugo et De Coster dans les années 1860, ou Deman, éditeur de Verhaeren et Mallarmé, ont brièvement réussi à tirer leur épingle de ce jeu déséquilibré. Plus nombreux et significatifs sont ceux qui, de Casterman à Marabout, ont dégagé de durables ressources de créativité dans les domaines du livre religieux, de la bande dessinée, du livre pratique et du livre pour la jeunesse. En six chapitres de longueur croissante, c’est tout un paysage de livres et d’éditeurs qui se trouve reconstruit sous les yeux du lecteur, allant des premiers imprimeurs dans les territoires qui formeront la Belgique jusqu’aux processus de concentration éditoriale actuels, en passant par les industriels de la contrefaçon, les grands éditeurs de bande dessinée et les pionniers du livre de poche francophone. Sans oublier les maisons de taille souvent modeste qui, vouées au roman, à la poésie, au théâtre, à l’essai lettré, contribuent à la vie du livre comme vecteur de haute culture.
  • Prix triennal de Poésie en langue française : Marc DUGARDIN pour « Lettre en abyme« , éditions Rougerie, 2016.
Poème écrit sous une forme épistolaire et adressé à Juan Gelman (1930-2014), exprimant l’absence et le manque de l’écrivain tant admiré. Dans ce texte, l’auteur s’adresse également à sa propre mère pour évoquer la douleur de la séparation et tenter de renouer le lien primordial.
  • Prix de la première œuvre en bande dessinée : Aurélie WILMET pour « Rorbuer », éditions Super Loto, 2020.

Rorbuer est une bande dessinée à I’intention du lecteur désireux de se plonger dans une expérience visuelle et mystique au cœur d’un village perdu du Grand Nord. L’histoire prend place au sein d’un village côtier nordique où les mythes et légendes gèrent le quotidien des habitants. Des croyances où la mort physique des hommes en mer n’est pas le dernier stade de leur être, mais bien un passage, laissant l’âme perdue s’accrocher au banc de poissons… Le récit part de cette première croyance pour évoluer vers des rites, cérémonies de guérison et d’hommage, à la frontière où se touchent les froides immensités terrestre et maritime.

  • Prix Atomium-FWB (Bande dessinée) : Dominique GOBLET pour « L’amour dominical », La «S» Grand Atelier + Frémok KNOCK OUT !

Cela aurait pu n’être qu’un récit burlesque, romanesque certes, mais loufoque voire foutraque. Cela aurait pu aussi être l’ouvrage d’une auteure (D. Goblet), talentueuse et reconnue, qui, dans une démarche empreinte de bons sentiments judéo-chrétiens, se serait mise au service d’un artiste brut (D. Théate) dont la jeunesse s’est fracassée dans un accident de moto… L’Amour Dominical n’est rien de cela. Récit d’aventure épique et relation d’un improbable triangle amoureux entre Hulk Hogan, la femme à barbe bleue et un orthodontiste criminel, cette création à quatre mains conjugue tout ce qui fait la singularité de Dominique Goblet avec les obsessions de Dominique Théate : réinvention langagière, combats de catch et quête de l’amour absolu.

  • Prix de la première œuvre en littérature de jeunesse : Sandra EDINGER pour « Le grand débordement », éditions Winioux , 2019.

Lili et son doudou Nounou sont inséparables. Jusqu’au jour où une pluie diluvienne s’abat sur eux. Dans la panique, ils se perdent de vue. Malgré ses demandes répétées, personne n’aide Lili à retrouver sa peluche préférée. Puis le niveau de l’eau se met à monter, monter, monter ! De son côté, Nounou, dépité par l’absence de Lili, est recueilli sous terre, par une taupe et un lapin. Les deux amis vont-ils pouvoir se retrouver ?

  • Prix Léo Beeckman : la Compagnie PMVV le grain de sable pour « Rencontres d’été théâtre & lecture en Normandie ».
  • Prix de la première œuvre en langue régionale endogène : Anne BLAMPAIN pour « Dji routeu sins mouv’te », à paraître.
  • Prix triennal de poésie en langue régionale endogène : Jacqueline BOITTE pour « Èstwales », Tétras-Lyre, dans la collection de Wallonie, à paraître (2020).
  • Prix biennal de philologie en langue régionale endogène : Jean-Louis LAURENT pour « Dictionnaire du patois d’Èthe-Belmont », Société de langue et littérature wallonne, à paraître.

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