{"id":671,"date":"2011-11-03T10:58:05","date_gmt":"2011-11-03T08:58:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.horschamp.be\/?p=671"},"modified":"2011-11-03T10:58:05","modified_gmt":"2011-11-03T08:58:05","slug":"apercu-de-latelier-decriture-avec-anita-van-belle-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wamabi.be\/horschamp\/?p=671","title":{"rendered":"Aper\u00e7u de l&rsquo;atelier d&rsquo;\u00e9criture avec Anita Van Belle (2)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Apr\u00e8s avoir emmen\u00e9 les jeunes de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/193.191.144.67\/\" target=\"_blank\">Institut Notre-Dame<\/a> dans l&rsquo;univers des moines malm\u00e9diens, Anita Van Belle s&rsquo;est rendue \u00e0 Sourbrodt pour un atelier d&rsquo;\u00e9criture \u00e0 l\u2019occasion des vingt ans de la <a href=\"http:\/\/www.fureurdelire.cfwb.be\/\" target=\"_blank\">Fureur de Lire<\/a>. Intitul\u00e9 \u00ab 20 ans, une fiction \u00bb, il s\u2019adressait \u00e0 des adolescentes qui suivent maintenant depuis plus de deux ans, \u00e0 raison d\u2019un atelier tous les six mois, les s\u00e9ances d\u2019\u00e9criture organis\u00e9es par <a href=\"http:\/\/www.wamabi.be\" target=\"_blank\">la biblioth\u00e8que de Waimes<\/a>.<\/strong><\/p>\n<p><em>L\u2019id\u00e9e de base de l\u2019atelier \u00e9tait celle-ci : apr\u00e8s avoir explor\u00e9 la vision qu\u2019elle ont de leur futur : \u00ab Qui serez-vous \u00e0 vingt ans ? Quelle vie souhaitez-vous ? Comment voyez-vous la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle vous \u00e9voluerez ? \u00bb, les participantes cr\u00e9ent une fiction sur base de ce mat\u00e9riel.<\/em><\/p>\n<p><em>Le soir du 14 octobre 2011, les premiers textes sont courts. L\u2019\u00e9criture de leur avenir, la d\u00e9finition de leurs attentes n\u2019est une t\u00e2che ais\u00e9e pour les participantes. L\u2019une d\u2019elle, la plus jeune, (elles sont trois) souhaite devenir sc\u00e9nariste. Les deux autres bondissent sur ce qu\u2019elles refusent : \u00ab la routine \u00bb. Carole veut vivre \u00e0 fond avant d\u2019\u00eatre adulte : \u00ab L\u2019adolescence est s\u00fbrement le meilleur moment dans une vie \u00bb. Florence fa\u00e7onne son futur : \u00ab Je me cr\u00e9e une vie originale, pas banale. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>L\u2019un des exercices consiste \u00e0 d\u00e9crire l\u2019une de ses journ\u00e9es, \u00e0 vingt ans, \u00e0 travers cinq statuts Facebook. Emma \u00e9voque un accident nucl\u00e9aire. Florence, un 11 septembre bis. Carole milite. \u00ab Arrive \u00e0 NY Airport JFK. \/ Suis \u00e0 Central Park. 14h. D\u00e9part. \/ J\u2019en reviens pas. 2500 femmes marchent avec moi. \/ Un \u00e9v\u00e9nement pour les 5 ans de la 1ere marche des Salopes. \/ Un bon McDo, apr\u00e8s l\u2019effort, le r\u00e9confort. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>La r\u00e9flexion produit un futur \u00e9cologique et \u00e9conomique sombre et agit\u00e9. Florence : \u00ab En 2017, il n\u2019y aura plus de banquise. Le monde sera pollu\u00e9. Tout sera hors de prix. Un foss\u00e9 se sera creus\u00e9 entre les riches et les pauvres. La vie sera plus dure qu\u2019aujourd\u2019hui. Il y aura encore plus de catastrophes. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Sur base de ces \u00e9l\u00e9ments, les trois filles se lancent dans l\u2019\u00e9criture d\u2019une fiction. Elles ont vingt ans. Un \u00e9v\u00e9nement les indigne et fait basculer leur quotidien. L\u2019\u00e9criture est beaucoup plus fluide, les textes jaillissent d\u2019un trait.<!--more--><\/em><\/p>\n<p><em>Florence pose habilement le contexte de cette journ\u00e9e, qui va basculer. \u00ab C\u2019\u00e9tait un matin d\u2019hiver. Il faisait froid ; le soleil brillait et en m\u00eame temps, il neigeait. (&#8230;) Bianca prit son sac \u00e0 dos et claqua la porte. Le ciel \u00e9tait bleu, mais la lune \u00e9tait encore l\u00e0. Des flocons se coin\u00e7aient entre ses m\u00e8ches blondes. Elle marcha rapidement jusqu\u2019\u00e0 son arr\u00eat de bus. Ses pas crissaient dans la neige. Lorsqu\u2019elle grimpa dans le bus, elle sentit que cette journ\u00e9e allait \u00eatre parfaite. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Carole poursuit la fiction de la manifestation new yorkaise. \u00ab Nous \u00e9tions en train de marcher, scandant nos slogans, quand je vois trois types s\u2019approcher d\u2019une amie qui m\u2019accompagne et l\u2019empoigner pour la tra\u00eener dans une rue voisine ! (&#8230;) Je m\u2019arr\u00eate et arr\u00eate les autres filles pour leur expliquer rapidement la chose. Evidemment, elles r\u00e9agissent en moins de temps qu\u2019il faut pour le dire. Nous nous \u00e9lan\u00e7ons \u00e0 la poursuite de ces connards. (&#8230;) Que cela se produise devant nous, aujourd\u2019hui, c\u2019est trop. Nos propos deviennent r\u00e9els gr\u00e2ce \u00e0 la vid\u00e9o du presque viol enregistr\u00e9 par les cam\u00e9ras de surveillance. (&#8230;) L\u2019\u00e9v\u00e9nement prend une tournure inattendue, immense ! \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Emma aussi imagine une agression. \u00ab Je me promenais dans la rue. Je comptais aller jusqu\u2019\u00e0 la gare : c\u2019\u00e9tait un vendredi soir et je n\u2019avais pas mon permis. Je me r\u00e9jouissais de rentrer chez moi. Au fond de la rue, j\u2019aper\u00e7us une jeune femme qui marchait sur des talons aiguilles. Elle \u00e9tait tr\u00e8s mince, tr\u00e8s jolie. Elle n\u2019avait pas l\u2019air de se soucier du froid, elle avait un d\u00e9collet\u00e9, un T-shirt sans manches. (&#8230;) Elle regardait droit devant elle. Elle passa \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi sans tourner la t\u00eate&#8230; Apr\u00e8s quelques secondes, j\u2019entendis un cri qui me per\u00e7a le tympan. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Les trois filles sont indign\u00e9es par la violence : chez Florence aussi, une \u00e9tudiante est victime, mais de l\u2019agressivit\u00e9 de son entourage. \u00ab A 10 heures, lors de la pause, elle remarqua qu\u2019une fille faisait l\u2019objet de moqueries de la part d\u2019une bande de filles plus \u00e2g\u00e9es qu\u2019elle. Bianca resta stup\u00e9faite devant la tristesse qui \u00e9manait de ce corps si p\u00e2le. Et tout \u00e0 coup, tout lui revint. Car elle aussi, dans son enfance, avait \u00e9t\u00e9 bl\u00e2m\u00e9e et moqu\u00e9e par une \u00e9l\u00e8ve, une seule, qui avait d\u00e9truit son enfance. Elle en portait la marque, une cicatrice ind\u00e9l\u00e9bile qui la rendait impartiale. (&#8230;) Elle se dirigea vers la petite et lui tendit la main. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Ce geste co\u00fbte \u00e0 Bianca, dont les autres \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9tablissement se moquent pour avoir \u00ab d\u00e9fendu une paum\u00e9e. \u00bb Les trois filles prolongent leur indignation au travers d\u2019un dialogue, qui cl\u00f4t l\u2019atelier de deux heures.<\/em><\/p>\n<p><em>Emma Zanzen essaie de convaincre l\u2019agresseur de la jeune fille qui se promenait sous la neige de laisser tomber. \u00ab J\u2019ai essay\u00e9 de dialoguer avec ce vieux fou pour ne pas trop brusquer la situation. L\u2019Arabe ne comprenait que quelques mots de fran\u00e7ais. Je tentai de lui dire de s\u2019arr\u00eater. (&#8230;) Il ne comprit qu\u2019un mot : \u00ab Respect \u00bb. D\u2019un coup, il lan\u00e7a la jeune femme par terre et s\u2019en alla le plus rapidement possible. La jeune femme et moi sommes devenues tr\u00e8s amies. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Carole Kupper rassure l\u2019agress\u00e9e, qui ne croit plus que militer peut faire bouger les choses. \u00ab C\u2019est trop. Imagine que personne ne les ait vus ! O\u00f9 je serai, moi, pour le moment ? Dans cette rue de Brooklyn, seule ? Peut-\u00eatre morte ! Bien s\u00fbr que \u00e7a me r\u00e9volte, mais je ne suis plus s\u00fbre de vouloir continuer. \u00bb \u00ab Non ! On \u00e9tait plus de 2000. (&#8230;) Je me serai inqui\u00e9t\u00e9e pour toi. Ces marches, on les fait depuis le d\u00e9but et jamais, on ne s\u2019est perdues de vue. J\u2019aurais tout fait dans l\u2019autre sens pour te retrouver. Tu sais \u00e0 quel point tu comptes pour moi. \u00bb \u00ab Je sais, mais rien ne sera plus pareil, Poppy. \u00bb \u00ab (&#8230;) Tout a \u00e9t\u00e9 film\u00e9. Ils iront en taule, si \u00e7a se trouve. Je ne peux pas continuer sans toi. Ce ne sera plus pareil et \u00e7a ne servira plus \u00e0 rien si tu laisses tomber comme \u00e7a. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Florence Schmitz d\u00e9fend son geste, sa \u00ab mini-r\u00e9volution int\u00e9rieure \u00bb face \u00e0 une des \u00ab moqueuses \u00bb. \u00ab J\u2019avais mes raisons d\u2019aider cette fille. En fait, tu ne connais rien de moi. Tu ne sais pas qui je suis, ce que j\u2019ai fait avant de venir ici. Tu es en train de me juger pour ce que je fais, pas pour ce que je suis. En bref, tu respires l\u2019hypocrisie, ta remarque n\u2019est pas fond\u00e9e. (&#8230;) Il faut que tu saches quelque chose : j\u2019ai du longtemps rester confin\u00e9e dans ma bulle, retenir tout ce qui me venait \u00e0 l\u2019esprit et me taire quand je voulais partager mon opinion. Mais d\u00e9sormais, c\u2019est fini. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab Vingt ans, une fiction \u00bb s\u2019ach\u00e8ve. L\u2019atelier, qui a pein\u00e9 au d\u00e9marrage \u00e0 imaginer un futur proche\/lointain a d\u00e9coll\u00e9 pour r\u00e9v\u00e9ler des indign\u00e9es de caract\u00e8re, pr\u00eates \u00e0 se battre aujourd\u2019hui, pour elles et surtout, pour les autres.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Anita Van Belle<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir emmen\u00e9 les jeunes de l&rsquo;Institut Notre-Dame dans l&rsquo;univers des moines malm\u00e9diens, Anita Van Belle s&rsquo;est rendue \u00e0 Sourbrodt pour un atelier d&rsquo;\u00e9criture \u00e0 l\u2019occasion des vingt ans de la Fureur de Lire. 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